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Alain Pelletier - biographie
Alain Pelletier dans Faust is dead
Londres. photo Pau Ros

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Le travail d'Alain Pelletier se définit par une exploration du geste vidéographique à travers une approche multidisciplinaire englobant le théâtre, la danse, la littérature, la musique et les arts visuels. Sa démarche se distingue par une forte tension entre une volonté d'objectivité face aux thématiques abordées et la pression viscérale qu'exercent ces mêmes thèmes. L’acte créateur s’instaure chez lui sur ce double mouvement. Cette tension primordiale constitue le fondement de sa création et il l’explore dans les possibilités de synesthésie du médium vidéo.

Dans son travail, les dimensions textuelle, visuelle et sonore se contaminent mutuellement. Cet univers singulier a bénéficié d’une large diffusion et reçu de nombreuses distinctions aux niveaux national et international.

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Le travail d'Alain Pelletier se définit par une exploration du geste vidéographique à travers une approche multidisciplinaire englobant le théâtre, la danse, la littérature, la musique et les arts visuels. Sa démarche se distingue par une forte tension entre une volonté d'objectivité face aux thématiques abordées et la pression viscérale qu'exercent ces mêmes thèmes. L’acte créateur s’instaure chez lui sur ce double mouvement. Cette tension primordiale constitue le fondement de sa création et il l’explore dans les possibilités de synesthésie du médium vidéo. Dans son travail, les dimensions textuelle, visuelle et sonore se contaminent mutuellement. Cet univers singulier a bénéficié d’une large diffusion et reçu de nombreuses distinctions aux niveaux national et international.

L'œuvre d'Alain Pelletier puise ses sources dans un parcours atypique et multiforme. Sa création est motorisée par une alternance entre les médiums qui répond à une double nécessité intérieure; d'une part, le besoin d'être l'objet même de la création, d’en être le médium – c’est ainsi qu'il aborde les arts de la scène–  et d'autre part, le besoin d'un recul, d'une mise à distance qu'il trouvera dans son incursion dans les arts visuels. La vidéo apparaîtra comme le lieu de cohabitation de cette nécessité paradoxale.

Alain Pelletier débute par une formation de comédien au Conservatoire d'art dramatique à Montréal. Il entreprend ensuite d'explorer les arts visuels. C'est ainsi qu'il expose pour la première fois dans une exposition de groupe qui a marqué le milieu des arts visuels des années quatre-vingt, Montréal-tout-terrain. Remarqué, il fait partie des artistes de l'exposition La peinture au Québec, une nouvelle génération au  Musée d'Art contemporain de Montréal.

Le mouvement alterné qui constitue le fondement de sa démarche s'amorce véritablement par l'exploration de la danse Butho. C'est ainsi qu'il dansera pour Tedi Tafel et Jocelyne Montpetit, puis avec Min Tanaka au Japon. Au retour de cette expérience, il entreprend son premier projet vidéo. Cette première œuvre intitulée Faux Fluides reçoit le Prix Résidence de Création du Centre International de Création Vidéo (CICV) Centre de recherche Pierre Schaeffer en France.

C’est ainsi que débute une série de séjours qui culmine avec une résidence conjointe entre le CICV, le Centre National Chorégraphique de Belfort et le théâtre Granit Scène Nationale. Il y crée Fils de chien (panopticon-circus) d'après Vladimir Slépian, spectacle multidisciplinaire qui met en scène un homme se métamorphosant en chien. Le personnage construit une relation de servilité avec le public dans l'espoir d'être nourri. Cette même année, Pelletier vit à Londres pour collaborer à la création de la pièce Faust is dead. Il y interprète le rôle de Faust et en produit la vidéo. La pièce obtient un vif succès public et médiatique (The Times, The Financial Times, The Independent, etc).

Le premier cycle du travail vidéographique d’Alain Pelletier explore de manière quasi obsessionnelle la thématique du corps en tant que réalité charnelle. Dans sa démarche, la finitude et la vulnérabilité du corps contrarient la volonté de puissance de l'individu. Conséquemment, l'individu est pris dans un mouvement alterné entre attraction et répulsion pour son propre corps. Ce premier cycle se compose de Faux Fluides, Faust Médusé, Die Dyer et de l’installation Persée.id.Méduse.

Faux Fluides, appuyée par l'univers d'Antonin Artaud, explore la paranoïa liée au corps en tant que lieu d'investissement social. Faust Médusé démonte le mythe de Faust en démontrant l'impossible questionnement métaphysique et la cruelle finitude du corps. Inspiré par la vie et par l'œuvre de Francis Bacon, Die Dyer jette un regard clinique sur le narcissisme et sur la pulsion de mort.

Viendra ensuite Persée.id.Méduse au Musée d'Art contemporain de Montréal. L'installation propose un questionnement sur l'altérité absolue que représente la mort et sur notre quête  d'immortalité. Des silhouettes humaines sont projetées sur des aquariums-écrans où flottent des organes de porcs en remplacement des organes humains. Persée.id.Méduse arrête le temps et présente le mythe dans l’instant, juste avant la rencontre fatale des regards entre Persée et Méduse. L’intangible lumière vidéographique et la réalité charnelle des organes se confrontent et provoquent inquiétude et vertige perceptuel.

Inspiré par La Divine Comédie de Dante, World Trade Opera (WTO) se voulait une transposition dans notre monde contemporain de la promenade de Dante aux enfers. Les événements du 11 septembre provoqueront une rupture. Toute dimension poétique et émotionnelle est abandonnée pour ne laisser parler que l’objectivité des chiffres comme description du monde. À partir du zéro absolu de début de la bande, le temps réel de diffusion sert de ponctuation pour démontrer la rapidité avec laquelle des processus planétaires menacent notre environnement et l’humanité dans son ensemble. La vidéo cumule des données statistiques. Le narrateur énonce par exemple qu’« Après 12 minutes, 2.5 kilomètres carrés de forêt ont disparu. 150,000 dollars auraient dû être dépensés pour arrêter la déforestation». Cette première œuvre documentaire répond à la double nécessité du processus créatif d’Alain Pelletier. Elle comporte une dimension objective, présente ici par l’utilisation des chiffres, et l’expression de l’affect, qui s’exprime par le traitement visuel des images.

Faisant suite aux préoccupations sociale et environnementale, ainsi qu’au sentiment d'urgence et à la notion de temps réel qu’explorait WTO, l’installation multimédia interactive strat, remet la thématique du corps en avant-plan en présentant un personnage audiovisuel manipulé par des flux d’informations en temps réel. Ces informations en provenance de senseurs biochimiques placés dans des vivariums et d' Internet (activités boursière, sismique, solaire, etc.) déterminent l'ambiance sonore, l'aspect visuel, les choix de textes que lit le personnage audiovisuel préenregistré et la texture sonore de sa voix. Les textes sont scientifiques (énoncés sur le clonage et la bioéthique) et religieux (création de l'homme selon diverses origines). La contamination, dont nous parlions plus haut, trouve ici un nouveau champ d’exploration. Travail en cours de réalisation, strat a fait l’objet de deux présentations, à Daïmon (Gatineau) et à la Boite noire de Concordia (Montréal).

Parallèlement, il crée une vidéo scénographie installation pour la compagnie Chants Libres. L’opéra L’Archange Opér’installation interroge la notion du Mal. L’œuvre se compose de 42 écrans vidéo répartis sur trois modules sculpturaux, eux-mêmes placés en surplomb des spectateurs. Huit sources vidéo alimentent les écrans alors qu'un programme informatique opère leur distribution tout au long du spectacle.

Ce dernier projet, L’Archange Opér’installation, permet à Alain Pelletier de faire le portrait posthume de sa mère avec les images d'elle qu'il a tournées pour cet opéra. Cette vidéo qui s'intitule La reconstitution, retourne au coeur de sa pulsion créatrice. L' « impossible » projet consiste à exprimer la relation sensible de l’auteur avec sa mère alors que les images ont la dureté aseptique d’une clinique. Sa mère y est nue, enveloppée de pellicule plastique transparente dans un espace abstrait s’apparentant à une morgue. Les images préfigurent l’agonie et la mort de sa mère qui surviendra 8 mois plus tard. Le réalisateur et sa mère ont fait, en quelque sorte, une répétition des événements à venir. Ce projet en cours de réalisation réaffirme l’ambivalence fondamentale et la violence interne qui constituent les bases de l’acte créateur de cet artiste. Objectivité et subjectivité, fiction et documentaire, vie et mort, s’assembleront pour produire une fois encore, une oeuvre singulière, revêtant cette fois une dimension intimiste et autobiographique.

L’oeuvre d’Alain Pelletier est tout à la fois exigeante et percutante, cérébrale et instinctive, et témoigne d’une mise en péril et d’une quête de liberté de création hors du commun.

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prix et distinctions


2004 Finaliste Prix à la création artistique du CALQ, Rendez-vous du Cinéma québécois
2002 Musique d’application, catégorie Multimédia, 29e Concours international de musique et d’art sonore électroacoustique de Bourges. Prix décerné à Marcelle Deschenes, compositrice pour Die Dyer.
2001 Best 100 of the Ninety’s, International/media/ art award, Allemagne.
2000 Best Experimental - Animation, Reeling Festival, Chicago.
2000 Mention spéciale du jury, VideoArt, Locarno, Suisse.
2000 Prix Vidéoformes, Meilleur Vidéo, France.
2000 Mention spéciale du jury, Rendez-vous du Cinéma québécois, Montréal.
1999 PrixTéléfilm Canada, Court et Moyen métrage, FNC, Montréal.
1997 Prix de la SODEC, Meilleur Vidéo, Rendez-vous du Cinéma québécois
1993 Prix du Centre International de Création Vidéo, Centre de recherche Pierre Schaeffer, Première Manifestation Vidéo et Arts Électroniques, Champ Libre, Montréal.

 

 


 

Alexandre Robertson Dufour